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03/08/2012

Du cash … beaucoup de cash !

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Romney est milliardaire et Barack Obama entend bien faire de cette étiquette le pire défaut de son adversaire dans une Amérique en crise qui se choisit un Président. Mais en réalité, le site OpenSecrets, chargé de relever la provenance des dons privés au monde politique, démontre que Barack Obama a la main plus légère sur le portefeuille des dépenses que son adversaire républicain.


Depuis le début de la campagne, le démocrate aurait déjà dépensé la modique somme de 204 millions de dollars. Avec ses 131 millions de dépenses, Romney passerait presque pour un candidat sans moyens.  Même constat lors de l’élection présidentielle française du mois de mai dernier : dans la campagne opposant Sarkozy à François Hollande, c’est le socialiste qui a dépensé le plus d’argent pour convaincre ses compatriotes de mettre son nom dans l’urne. Le symbole est amusant, lui qui, comme Obama, se targuait d’affronter ‘le président des riches’.

Dis-moi qui te soutient, je te dirai qui tu es

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OpenSecrets estime que la campagne présidentielle US devrait coûter 2,5 milliards de dollars, notamment dépensés en publicités télévisées, indispensables pour toucher les 150 millions d'électeurs, répartis sur un territoire immense traversés de fuseaux horaires multiples. S’adresser aux citoyens américains nécessite le recours aux médias de masse. Microsoft est le principal contributeur d’Obama, suivi de près par l’Université de Californie, Google et l’Université d’Harvard tandis que Mitt Romney peut compter sur le soutien financier des banques Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America et Credit Suisse. Au mois de juin, le candidat républicain a récolté 106 millions de dollars, soit 35 millions de plus que le clan Obama. Une défaite symboliquement importante pour le Président, une première semble-t-il pour un président sortant.

‘Obama for America’, l’équipe de campagne démocrate, n’hésite pas, depuis, à solliciter ses supporters. « Au cours des deux derniers mois, nous avons été dépassés par nos adversaires [dans les montants récoltés]. Ils ont utilisé cet avantage pour déformer la vérité et tromper les gens, encore et encore, à la télévision, à la radio, dans les Etats clés » explique Barack Obama. Michelle Obama enchaîne : « Je suis toujours étonnée par la façon dont Barack équilibre ses responsabilités en tant que président, mari et père. Mais, parfois, même lui à besoin d'un peu d'aide. Je sais que je ne veux pas me réveiller le 7 Novembre en me demandant si j'aurais pu faire plus ». Ann Marie Habershaw, Chief Operating Officer, va plus loin et ose : « Cela peut paraître grossier mais assurer la montée en puissance de notre stratégie nécessite du cash … beaucoup de cash ». Elle est encouragée à utiliser cette stratégie de la peur par le vice-président lui-même : « Cela va être brutal … et ce n’est pas une exagération : si on ne gagne pas cette élection, ce sera parce que nous ne sommes pas parvenus à combler le trou financier qui nous sépare du candidat républicain ». Joe Biden fait ensuite vibrer la corde du sentimentalisme : « Barack et moi espérons sincèrement pouvoir vous remercier tous, vous qui contribuez à cette campagne. Vous êtes notre deuxième famille ». Une famille de plus en plus élargie : 2,4 millions de personnes ont déjà participé financièrement, à hauteur de 3$ ou plus à la campagne de Barack Obama. Le Président lui-même a mis la main à la poche en guise d’encouragement : 5000$ auraient été versé à son compte de campagne.

 3$ + 3$ + 3$ etc

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L’analyse d’OpenSecrets permet également d’observer que, comme en 2008, Obama compte beaucoup sur les petites contributions individuelles. Les appels aux dons démarrent à 3$, encourageant les supporters à s’investir dans la campagne à la hauteur, parfois très limitée, de leurs moyens. Résultat : 40% de l’enveloppe financière du candidat démocrate vient de ses petits contributeurs contre 16,5% seulement de l’enveloppe républicaine. Mitt Romney mise plus sur les donations privées émanant de gros contributeurs tels que le milliardaire texan Harold Simmons qui, à lui tout seul, a arrosé l’équipe de campagne du républicain de 11 millions de dollars. Romney a ainsi récolté à l’heure actuelle plus de 128 millions de dollars via ce biais. Le Républicain bénéficie également d’une rondelette récolte (811.000$) émanant des  ‘Super-PAC’ (version élargie des Political Action Comittee), composés de sociétés, associations, syndicats et autres groupes d’intérêts. Barack Obama dispose toutefois, lui aussi, d’amis précieux, à commencer par Jeffrey Katzenberg, patron du studio d’animation Dreamworks, qui a lâché 2 millions de dollars pour les beaux yeux du Démocrate.

Le 6 novembre est encore loin et les appels aux dons continuent, d’autant que la Cour Suprême a autorisé le financement illimité via l’arrêt Citizen United. Les candidats ont encore les poches bien pleines mais l’argent part vite dans une campagne de plus en plus virulente, notamment sur les questions économiques. Obama disposerait encore de 97 millions tandis que Romney ne déclare que 22 millions de cash encore disponible. Et pour décrédibiliser l’adversaire, l’argent doit couler à flot …


Caroline Grimberghs

 

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