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13/08/2012

Mitt Romney enrôle son soldat Ryan

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Il a choisi le député du Wisconsin comme candidat à la vice-présidence. Catholique conservateur, Paul Ryan veut réduire les dépenses publiques. Une analyse de Philippe Paquet.


Un choix "surprenant". De l’aveu de l’entourage de Barack Obama, c’est un colistier inattendu que son adversaire républicain dans la course à la Maison-Blanche, Mitt Romney, a intronisé samedi en la personne du député du Wisconsin Paul Ryan. Un homme, certes, "largement respecté pour ses qualités de leadership et son intelligence, ainsi que son aptitude à traiter les dossiers importants", comme l’a expliqué M. Romney lors d’un meeting électoral organisé à Norfolk devant le cuirassé "Wisconsin", mais aussi un homme jeune - 42 ans, soit vingt-deux de moins que le candidat à la présidence - et sans autre expérience significative que les quelque quatorze années passées au Congrès depuis son élection en novembre 1998.

colistier,romney,paul ryan,républicain,vice présidentChoix surprenant, donc, mais somme toute moins risqué que celui que fit John McCain en s’adjoignant Sarah Palin en 2008. La même question qui plomba la campagne du sénateur de l’Arizona n’en est pas moins de nouveau posée : Paul Ryan aurait-il les compétences pour devenir président des Etats-Unis dans l’éventualité où Mitt Romney serait empêché d’aller jusqu’au bout de son mandat ? Si l’interrogation est théorique, elle n’en influence pas moins la réflexion de nombreux électeurs et Mitt Romney en a bien malgré lui souligné la pertinence, devant une foule de supporters, en présentant par erreur son colistier comme étant "le futur président des Etats-Unis". "Il m’arrive de commettre de temps à autre une erreur, mais je n’en ai pas fait à propos de ce type", s’est rattrapé le candidat. Il est vrai que Paul Ryan apporte quelques atouts dans le jeu des Républicains.

colistier,romney,paul ryan,républicain,vice présidentMarié à Janna Little, une spécialiste du droit fiscal, le député du Wisconsin, diplômé en économie et en science politique, s’est fait une réputation en défendant au Congrès des projets de réforme de la fiscalité et de l’assurance-maladie. La réduction des dépenses publiques est devenue son cheval de bataille - M. Ryan avait, en son temps, décliné une offre de rejoindre le gouvernement de George W. Bush parce qu’il désapprouvait le gonflement de la dette sous sa présidence.

Fiscalement conservateur, Paul Ryan l’est aussi moralement puisqu’il combat notamment le droit à l’avortement. Ses idées devraient plaire à l’aile droite du Parti républicain - que Mitt Romney a eu beaucoup de mal à rallier durant les primaires - et en particulier au mouvement du Tea Party qui, s’il ne fait pas toujours la pluie et le beau temps, peut néanmoins peser lourdement sur l’issue d’un scrutin. Le ticket républicain devra néanmoins jouer la partie finement, car toucher, par exemple, au Medicare - l’assurance médicale destinée aux personnes âgées, qui concerne quelque cent millions d’Américains - peut être une arme à double tranchant. Les Démocrates crient d’ores et déjà au loup en accusant les Républicains de vouloir démanteler le système.

La sélection de Paul Ryan est encore surprenante à un autre titre : le député est de confession catholique. L’on sait que Mitt Romney est, quant à lui, mormon, et c’est donc la première fois que la religion protestante professée par une écrasante majorité des Américains n’est pas représentée sur un ticket présidentiel. C’est un signe, soulignent les commentateurs, de l’évolution des mentalités aux Etats-Unis (on se souvient du tollé provoqué, en 1960, par la candidature du catholique John F. Kennedy, pourtant flanqué d’un vice-président protestant, et du débat suscité encore en 2000 par la présence de Joe Lieberman, sénateur juif du Connecticut, sur le ticket démocrate emmené par Al Gore). L’audace de M. Romney pourrait néanmoins crisper les éléments radicaux de la droite chrétienne.

Représentant d’une nouvelle génération dans la politique américaine, Paul Ryan l’est enfin sous un angle plus personnel. Son père, son grand-père et son arrière-grand-père ont tous succombé, dans la cinquantaine, à des problèmes cardiaques. Aussi le député, qui continue d’habiter dans sa région natale de Janesville dans le Wisconsin, s’est-il fait le chantre d’une alimentation saine et de la pratique du sport, dont il donne l’exemple. Chasseur, pêcheur et passionné d’escalade dans les Rocheuses, il aime la vie au grand air, un autre trait de caractère susceptible de plaire à un certain électorat républicain.

 

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