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03/10/2012

Hauts et bas des débats

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Ce mercredi soir, Obama et Romney se livreront, 90 minutes durant, à leur première joute oratoire. Un exercice dans lequel leurs prédécesseurs ont tantôt excellé, tantôt perdu des plumes. Les faux pas sont généralement lourds de conséquences. Jugez plutôt.

Par Bruno Fella


1960. Une sale tête

débats,bush,al gore,richard nixon,kennedy,jimmy carter,gerald fordKennedy-Nixon. Pour le premier débat télévisé de l’histoire des présidentielles américaines, à gauche, le prétendant démocrate s’est présenté bronzé, maquillé et en costume noir. A droite, Richard Nixon, vice-président, relevé d’une grippe et d’une blessure à la jambe, a repoussé les maquilleurs et a enfilé un costume gris se confondant avec le décor. A l’écran, s’affrontait donc un playboy radieux et sérieux à un type en sueur, mal rasé et agitant compulsivement sa jambe. Peu amène, un partisan de Nixon aurait lancé à un assistant du candidat : "Tout le monde ici a l’impression que Nixon est malade. Trois médecins se sont accordés à dire qu’il avait l’air d’avoir subi un infarctus juste avant".

1976. Hein ?

Carter-Ford. Le président démocrate Lyndon Johnson disait de lui : "Ford est tellement bête qu’il ne peut pas péter (corrigé en "marcher" par la presse de l’époque) et mâcher du chewing-gum en même temps". Gerald Ford, président par accident suite au scandale du Watergate, ne l’a pas fait mentir en en sortant une belle lors du débat : "Jamais l’Europe de l’Est n’a été ou ne sera sous la domination de l’URSS !" Le journaliste en bafouille : "I’m sorry, what ?" Les téléspectateurs n’en croient pas leurs oreilles et entendent Ford confirmer: "Je ne pense pas que les Yougoslaves ou les Roumains se sentent dominés par l'URSS". Les électeurs choisiront Jimmy Carter dit "le roi de la cacahuète".

1984. Le vieux singe

Reagan-Mondale. Ronald Reagan entreprend la conquête d’un second mandat présidentiel. Il est déjà le plus vieux à occuper ce poste. Le journaliste met le problème de son âge avancé, 72 ans, sur la table, ce qui ne désarçonne pas l’ancien cow-boy d’Hollywood. La réplique aura sans doute été préparée à l’avance, mais l’acteur dégaine avec nonchalance : "Je ne vais pas faire de l’âge une question centrale de cette campagne. Je ne vais pas exploiter à des fins politiques la jeunesse (56 ans, NdlR) et l’inexpérience de mon opposant". Le candidat démocrate Walter Mondale s'esclaffe avec le public ... et prit une véritable déculottée aux élections, ne remportant qu’un seul Etat.

1988. Kennedy de pacotille

débats,bush,al gore,richard nixon,kennedy,jimmy carter,gerald fordQuayle-Bentsen. Dan Quayle, les Américains s’en souviennent comme de l’idiot à la vice-présidence. Au journaliste du débat des vice-présidents lui demandant ce qu’il ferait s’il devait devenir président, il répond : une prière pour son prédécesseur et une discussion avec son cabinet. Le journaliste trouve la réponse légère et l’invite par deux fois à continuer. Dan Quayle se compare alors à Kennedy avant sa présidence. Le candidat démocrate Bentsen réplique : "Sénateur, j’ai servi sous Jack Kennedy. Je connaissais Jack Kennedy. Jack Kennedy était mon ami. Sénateur, vous n’êtes pas Jack Kennedy". Dan Quayle prend ses yeux de cocker triste et sort un pathétique : "C’était vraiment déplacé, sénateur".


1992. T’as vu l’heure ?

Bush-Clinton. Bush père tente de se faire réélire face à un démocrate du sud, Bill Clinton. Mais il a l’air de s’embêter au débat, à répondre à des questions du public : il regarde sa montre. Son manque d’intérêt ou son impatience n’aura échappé à personne. D’ailleurs, il avouera plus tard avoir pensé à cet instant : "Plus que dix minutes de cette connerie".

2000. L’intimidation

Gore-Bush. Bush fils se lève de sa chaise pour s’expliquer face au modérateur. Al Gore, qui passe pour un intello hautain, se rappelle peut-être, allez savoir, d’un documentaire animalier sur une confrontation entre mâles dominants. Il se lève lui aussi, menton haut et s’approche dans le plus pur style "John Wayne" du vrai Texan républicain qui n’a pas terminé. Bush le voit arriver, se met sur pause, se tourne vers lui, le salue de la tête et continue sous les rires du public. Depuis lors, les candidats sont tenus de ne plus se rapprocher. 

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