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13/10/2012

Une Présidence Romney, ça changerait quoi?

mitt romney,paul ryan

Spécialiste du Parti Républicain, Soufiane Alsabbagh revient, pour lalibre.be, sur ce que modifierait fondamentalement l’arrivée au pouvoir du ticket républicain. Il pointe deux domaines cruciaux: l’économie et la politique étrangère, tout en tempérant de suite l’attitude volontariste du candidat: "Mitt Romney devra s’adapter. Il va avoir du mal à jongler entre l’ultra-droitisation de la campagne et le réalisme centriste qu’impose l’exercice du pouvoir. Les Républicains ont opéré un virage à droite qui sera difficile à maintenir une fois élu"


mitt romney,paul ryan"Le plus grand changement qu’apporterait une présidence de Mitt Romney se poserait certainement sur la plan économique. Son plan fiscal est largement assimilé à celui du Paul Ryan, c’est-à-dire très agressif envers les plus pauvres" explique-t-il. "L’idée est d’accorder une diminution de 20% d’impôts à toutes les franges de la population. Ce faisant, ce sont évidemment les plus riches qui en sont les principaux bénéficiaires". Dans cette optique, le choix de Paul Ryan comme vice-président potentiel lui parait pertinent : "C’est un vrai conservateur. C’est lui le vrai leader intellectuel de la droite au Congrès. La conséquence, selon moi, d’une présidence Romney sera sans conteste une explosion des inégalités sociales, sans que la dette publique ne diminue pour autant. Il ne prévoit aucune progressivité de l’impôt et ce n’est pas en se basant sur ce plan visant à couper les aides aux plus démunis, qu’il peut espérer résoudre le problème du déficit. Un plan pareil sans reprise économique s’avère très compliqué et c’est peu dire que l’on ne peut pas compter sur une reprise économique à court-terme".

A titre personnel, Soufiane Alsabbagh estime le Plan Obama plus "responsable", un terme que le spécialiste utilise également pour désigner la politique étrangère menée par l’administration démocrate par opposition à celle que proposerait. Mitt Romney. "Il indique avoir des velléités plus agressives, avec des discours plus durs vis-à-vis notamment de l’Iran, de la Russie et de la Chine. A nouveau, se pose la question de savoir si, face à l’exercice du pouvoir, il parviendra à maintenir cette ligne de conduite puisqu’il devra, malgré tout, collaborer avec les Démocrates". Mais l’on sait que la posture de la girouette convient bien à 'flip-flop Romney'.

L’exercice du pouvoir par une administration Romney, est-ce véritablement une option ? "Je me garderais bien d’un quelconque pronostic à l’heure actuelle. Pour moi, suite au premier débat, les pendules sont remises à zéro et c’est du 50-50. Mais si Romney gagne les deux prochaines confrontations de la même manière qu’il a remportée celle du 3 octobre, l’élection pourrait être jouée …"

A moins d’un mois de la consécration pour l’un des deux candidats, Soufiane Alsabbagh retient déjà une chose de cette campagne 2012 : "L’Amérique va mal ! Les sommes dépensées par les deux camps sont faramineuses. On en arrive à une véritable oligarchisation du pouvoir. Aujourd’hui, les élections sont aux mains de ceux qui peuvent les acheter" se désole-t-il.

Caroline Grimberghs

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