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18/10/2012

Obama et Romney font la cour aux femmes

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Une image diffusée par léquipe de campagne de Barack Obama

Le sujet dont les Américains et les médias parlent le plus depuis le deuxième débat présidentiel est, sans conteste, la place des femmes dans la société américaine. Elles constituent 53% de l’électorat. Les convaincre et les charmer est donc un objectif prioritaire des deux candidats à la présidence.


Mitt Romney s’est attiré les foudres des féministes quand, lors du débat, il a parlé de ‘classeurs remplis de femmes’ pour justifier le fait que, gouverneur du Massachussetts, il a tout fait pour intégrer des collaboratrices féminines dans son équipe.

2.jpgCertains estiment qu’il s’est tiré une balle dans le pied prouvant, par la méthode utilisée, que Mitt Romney ne pense pas spontanément à une seule femme de son entourage capable de travailler pour lui. Mal compris ou maladroit ? L’occasion était en tout cas trop belle pour que le camp démocrate n'en profite. D’autant que Barack Obama, à l’inverse, est connu pour avoir, dès son accession à la Maison-Blanche, promulgué le Lilly Ledbetter Act, loi visant à l'équité des salaires entre hommes et femmes. Il n’hésite pas, également, à faire régulièrement référence à ses deux filles pour expliquer l’importance que revête la place de la femme dans la société. En 2008, 56% des électrices avait voté en sa faveur. Mais depuis sa performance râtée lors du premier débat présidentiel, Obama a perdu 9 points de popularité auprès de cet électorat selon deux enquêtes du Pew Research Center, qui ne donnent plus au Président que 51% des intentions de vote féminin, contre 48% pour Romney.

Conscient du risque de perdre cette frange électorale importante, Mitt Romney a réagit, ce mercredi, par l’intermédiaire de Kerry Healey. Cette quinquagénaire était lieutenant gouverneur du Massachussetts de 2003 à 2007, c’est-à-dire celle qui aurait été en charge de reprendre la gestion de l’Etat en cas d’incapacité de Mitt Romney durant son mandat. "Quand il parle des femmes, quand il dit croire que nous pouvons faire n’importe quel job qu’un homme peut faire, je sais d’expérience qu’il parle du fond de son cœur" déclare-t-elle, parlant du "bilan éloquent"  de son ancien boss dans le domaine de l’égalité des genres. "Quand il était gouverneur, 10 des 20 postes à responsabilités de l’administration étaient occupés par des femmes. C’est plus que dans n’importe quel autre Etat du pays" assure-t-elle. "De nombreuses personnes sont blessées dans ce pays, et beaucoup de femmes, surtout, souffrent. 5,5 millions de femmes sont sans emploi. Sous la présidence de Barack Obama, le nombre de femmes vivant dans la pauvreté à atteint un record qui s’élève aujourd’hui à près de 26 millions". Dans le même sens, Mitt Romney déclarait mercredi lors d’un meeting de campagne à Chespeake en Virginie : "Nous avons un président qui n'a pas aidé les femmes américaines".  Pour convaincre l’électorat féminin de glisser son nom dans l’urne le 6 novembre prochain, le républicain est également revenu à des positions plus modérées concernant le système de santé mis en place par son adversaire dont il avait, au départ, annoncé l’abrogation complète en cas d’accession à la Maison-Blanche. Romney annonce désormais qu’il en conserverait certains aspects et qu’il ne réduirait pas le budget consacré à l’éducation.

1.jpgMais si Mitt Romney tente d’apparaître comme un défenseur de la cause féminine, il n’est pas aidé par les polémiques entourant la question de l’avortement qui ont émaillé la campagne il y a quelques mois. Lorsque le sénateur Todd Akin a parlé de ‘viol légitime’, choquant une partie de la population, il a poussé le candidat à la présidence à traiter de ce sujet de société important, orientant, à quelques jours des conventions, les discussions sur cette question. Fidèle à sa réputation de girouette, l’homme est passé par différentes positions, s’arrêtant finalement sur celle-ci : il souhaite l'annulation de la décision historique de la Cour suprême "Roe contre Wade" (1973), qui a légalisé et encadré l'avortement dans l'ensemble des Etats américains et n’accepte le recours à l’IVG qu’ en cas de viol, d'inceste ou de risque pour la santé ou la vie de la mère. Le candidat républicain s’est d’ailleurs engagé, dans cet optique et si l’occasion se présentait pendant sa présidence, à nommer des juges anti-avortement à la Cour Suprême pour parvenir à l’abrogation de l’arrêt pré cité. Mitt Romney annonce également qu’il cesserait de subventionner les centres de planning familial. De l’autre côté de l’échiquier politique sur cette question, le président sortant se présente comme un défenseur du droit à l'avortement. Lors du deuxième débat, il a insisté sur le fait que les planning familiaux que son adversaire veut supprimer conseillaient les femmes en cas de grossesses non désirées et fournissait une assistance importante dans le dépistage du cancer.

Romney a également contre lui Lilly Ledbetter qui a donné son nom à la loi pour l’équité salariale qui, au lendemain du débat appelait à voter Obama et déclarait : "Si Mitt Romney était véritablement préoccupé par le sort des femmes dans cette économie, il aurait pris position contre la discrimination salariale. Au lieu de cela, il est resté silencieux". Tout n’est pas perdu pour autant pour le candidat républicain. Karlyn Bowman, du think tank républicain American Enterprise Institute, expliquait sur France 24 il y a quelques semaines : "L’électorat féminin n’est pas aussi monolithique qu’on peut le croire. Mitt Romney a clairement une carte à jouer auprès des femmes mariées. Il doit s’adresser aux familles et à leurs difficultés quotidiennes, parler des emplois, de l’immobilier, du budget".

 De passage en Belgique il y a quelques semaines, nous avions rencontré Susannah Shakow, présidente de l’association Running Start, qui met en place une série d’enseignements en tout genre pour former les femmes à la politique. Elle nous parlait des différences opposant démocrates et républicains dans ce domaine : "Il est évident que l’impulsion vient essentiellement du parti démocrate. C’est très frustrant de voir que du côté républicain, c’est encore loin d’être une priorité. Michelle Obama a joué un rôle formidable ces dernières années et je ne pense pas que Ann Romney continuera dans cette voix. Michelle Obama est une formidable First Lady parce qu’elle est très active et beaucoup de jeunes femmes la regardent avec admiration. Je reconnais néanmoins que Laura Bush, même si elle agissait dans la discrétion, a fait beaucoup pour la cause des femmes pendant la présidence de son mari. Il est certain que la First Lady peut clairement donner le ton sur cette question."

Caroline Grimberghs

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