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24/10/2012

Si ce n’est Hillary, quelle femme peut briguer la présidence en 2016?

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Washington bruissait depuis quelques semaines de rumeurs sur une candidature de Hillary Clinton pour la présidentielle de 2016. La principale intéressée vient d’y mettre un terme: elle ne briguera pas l’investiture du parti. Celle qui fut First Lady pendant 8 ans, sénatrice de l’Etat de New York de 2001 à 2009, candidate malheureuse à la primaire démocrate en 2008  face à Barack Obama et secrétaire d’Etat depuis janvier 2009, met un terme à sa carrière politique. Dans un entretien accordé à l’édition de novembre du magazine Marie Claire, Hillary Rodham Clinton déclare: "Je ne le ferai pas. J'ai été sur le front de la politique internationale et nationale et au pouvoir depuis 20 ans (...) Cela a été une expérience personnelle extraordinaire et un honneur. Mais j'ai envie d'avoir du temps pour moi". Elle aura 68 ans en 2016 et ne se lancera pas dans une campagne présidentielle, quel que soit le résultat qui sortira des urnes le 6 novembre prochain.

Elle espère malgré tout  être aux premières loges pour assister à l’élection de la première femme présidente des Etats-Unis. "J’applaudirai les jeunes femmes désireuses de se lancer en politique. J’espère être là quand nous élirons enfin une femme présidente. Ce serait une expérience formidable pour moi, d’être là et de l’applaudir". C’est un combat qui lui tient à cœur mais la cheffe de la diplomatie américaine a été claire : la première femme présidente du Monde Libre, ce ne sera pas elle.


Alors qui ?


"Elles ne sont pas encore dans les radars mais elles se préparent et elles seront prêtes en 2016 " nous confie Susannah Shakow. Cette ancienne collaboratrice de Hillary Clinton, directrice de Running Start, organisation visant à donner l’envie aux jeunes filles américaines de se lancer en politique, aurait "adoré" qu’Hillary retente le coup mais se réjouit de voir apparaître d’autres vocations.

Les noms qui circulent dans le camp démocrate sont plus nombreux que du côté républicain. Susannah Shakow parle d’ "énorme différence" entre les deux partis : "Il est évident que l’impulsion vient essentiellement du parti démocrate. C’est très frustrant de voir que du côté républicain, c’est encore loin d’être une priorité".

1.jpgLe nom qui revient le plus souvent lors de nos contacts avec divers spécialistes est celui d’Elizabeth Warren : à 63 ans, elle est encore relativement novice en politique. Elle mène actuellement une lutte acharnée pour récupérer le siège de sénateur laissé vacant par le décès de Ted Kennedy dans le Massachusetts. Elle y a reçu le soutien public du président Obama. Marque de confiance ultime : Elizabeth Warren a bénéficié d'un créneau à haute visibilité lors de la convention démocrate 2012 : elle a pris la parole quelques minutes avant Bill Clinton.

On dit de ce professeur de droit à Harvard et économiste réputée qu’elle s’inscrit résolument à gauche de l’échiquier politique et est une infatigable avocate des classes moyennes. Baptisée "Shérif de Wall Street" par le Time Magazine, elle supervise, pour l’administration Obama, la création d’une nouvelle agence de protection des consommateurs. Divorcée, mère de deux enfants, remariée, Elizabeth Warren a contre elle un profil très socialiste et une entrée tardive en politique, ce qui ne l’empêche pas d’être de plus en plus souvent nommée comme pouvant potentiellement devenir la première femme Présidente des Etats-Unis.

2.jpgAutre sérieuse candidate : Kirsten Gillibrand.Elle a le même brushing qu’Hillary Clinton, à qui elle a d’ailleurs succédé au poste de sénatrice de l’Etat de New York après avoir siégé deux ans à la Chambre des Représentants. A 42 ans, elle dispose déjà d’une sérieuse expérience de la politique américaine. Avocate de formation, cette native de New York affiche un profil de démocrate conservatrice, ce qui, dans une course à la présidence pourrait lui permettre de toucher l’aile la plus modérée des Républicains : favorable au droit à l’avortement et aux recherches sur les cellules souches, elle défend le droit du port d’armes et prône une politique répressive en matière d’immigration. La jeune femme bénéficie également d’un début de notoriété ayant déjà eu les honneurs de se faire tirer le portrait dans Vogue, décrite comme une "petite woman with pale-blue eyes and perfectly coiffed blonde hair". Dans le même magazine, elle déclarait : "Je n’ai jamais eu peur de la politique. Je n’ai jamais eu peur de la dureté de ce milieu. Je n’ai jamais eu peur de l’utiliser comme un outil de changement social (…) La plupart des gens regardent la politique comme quelque chose de corrompu, manquant de sincérité. Comme une perte de temps. J’en vois des aspects très différents".

1.jpgQuand on cite le nom de Debbie Wasserman Schultz, Susannah Shakow s’exclame : "Elle est l'une de mes favorites depuis toujours. Elle est courageuse, mais très partisane. C’est une femme très forte mais qui polarise trop le débat. Elle a connu une ascension très rapide dans sa carrière, et elle n'est pas encore finie!" assure cette observatrice avisée de la vie politique américaine - qui n’exclut pas elle-même, un jour, de démarrer une carrière politique. Juive, mariée et mère de 3 enfants, Debbie Wasserman Schultz a vaincu, en 2008, un cancer du sein. A 46 ans, la Présidente du Comité National Démocrate est une ardente défenderesse de la cause féminine et membre du Congrès pour l’Etat de Floride depuis 2005. 

2.jpgCertains, attachés aux visages familiers, rêvent de voir Chelsea Clinton ou Michelle Obama passer à l’action. La première, fille unique de Bill et Hillary, a passé son adolescence à la Maison-Blanche sous la présidence de son père. Rares sont celles qui peuvent se prévaloir de connaître aussi bien la politique de l’intérieure : âgée d’à peine 20 ans, elle participe au sommet de Camp David II, assise entre Ehud Barak et Yasser Arafat. Pas mal pour faire ses classes politiques, mais quand on lui pose la question, la jeune fille reste vague : "Il n'y a pas de grand projet, je suis ouverte à toutes les suggestions". En 2016, elle aura 36 ans et, quoiqu’elle décide pour l’avenir, une expérience politique très faible. Son nom peut rester dans la tête des partisans de la famille Clinton pour les élections suivantes mais 2016 serait prématuré.
3.jpg"Par le passé, le poste de vice-président était celui où s'entrainaient les futurs candidats à l'élection présidentielle, mais qui connait le job de l'intérieur mieux que la First Lady?" : ainsi s’exprimait Catherine Allgor, professeur à l'université de Californie à Riverside et spécialiste de l'histoire des premières dames, lorsque nous l’avions interrogée suite à l’intervention de Michelle Obama à la convention démocrate. La femme derrière l’homme pourrait-elle, elle aussi, voir germer des envies de présidences après avoir passé 4 (ou 8) ans à la Maison-Blanche ?  "Durant ces trois ans et demi comme Première dame j'ai eu la chance de voir de près à quoi ressemble une vie de président", a-t-elle récemment déclaré. Mais elle ajoute : "Je ne m'intéresse pas à la politique, ne m'y suis jamais intéressée et ça ne m'intéressera jamais". Une idée tuée dans l’œuf donc, par la principale intéressée qui dispose pourtant d’une côte de popularité supérieure à celle de son président de mari.

D’autres noms plus crédibles circulent dans les cercles démocrates, comme notamment celui de Nancy Pelosi, leader démocrate à la Chambre des Représentants et présidente de la Chambre jusqu’en janvier 2011. Mais, âgée aujourd’hui de 72 ans, 2016 parait fort loin à celle que l’on surnomme la "Dame de granit". Egalement citées, les secrétaires d’Etat Janet Napolitano (Sécurité intérieure) et Kathleen Sebelius (santé). Elles ont toutes les deux été envisagées comme vice-présidente du candidat John Kerry en 2004 et Sebelius a un temps été le choix favori des commentateurs politiques en vue de la présidentielle de 2008. On reparla d’elle pour prendre place sur le ticket démocrate en 2008 mais Joe Biden lui fut préférée.

4.jpgD’autres espèrent mettre le pied à l’étrier à Sandra Fluke, étudiante insultée publiquement par Rush Limbaugh, animateur radio conservateur le plus écouté du pays. Il l’avait traitée de ‘salope’ sur les ondes, lui reprochant sa défense acharnée des moyens de contraception. Une attaque incendiaire qui a bombardé la jeune femme dans la lumière et fait d’elle un symbole de défense des droits des femmes. Elle s’est déclarée fervente supportrice de Barack Obama et a pris la parole lors de la convention démocrate. Elle n’a aujourd’hui que 31 ans mais déjà de sérieux atouts pour se construire une carrière politique bien qu'elle suscite la controverse au sein de son propre parti. Son profil, à l'heure actuelle, est trop peu fédérateur.

1.jpgOn parle également de Christine Quinn qui se rêve en future maire de New York en 2013. Elle y est actuellement porte-parole du conseil municipal et a été désignée en 2007 par le New York Post comme la troisième femme la plus puissante de la Grosse Pomme derrière Hillary Clinton et Diane Sawyer. Agée aujourd’hui de 46 ans, elle est active en politique depuis le début des années 90 et affiche donc un CV enviable. Ouvertement homosexuelle, Christine Quinn a confié au Elle américain : "D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu faire de la politique". Susannah Shakow commente cette possibilité: "Elle serait le premier président gay, ce qui serait passionnant. Mais je ne pense pas qu'elle dispose d'une assise nationale suffisante même si elle est très apprécié à New York".

à suivre: les femmes républicaines qui brigueront peut-être un jour la présidence des Etats-Unis

Caroline Grimberghs

 

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