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06/11/2012

Mitt Romney, à droite toute ?

Mitt Romney, Massachussetts, Floride, Sénat

La réponse ne dépend pas de la Maison-Blanche mais du Sénat.


Les électeurs américains qui voteront aujourd’hui pour Mitt Romney choisissent-il un conservateur ou un modéré ? Et le savent-ils eux-mêmes ? Pendant les primaires, l’ancien gouverneur du Massachussetts, un Etat démocrate, avait été contraint d’effectuer un virage à droite pour rassurer la base du Parti républicain, notamment les partisans du mouvement très conservateur du Tea Party.

Dans la dernière ligne droite des élections, c’est un Mitt Romney plus centriste qui a émergé lors des débats télévisés, afin de séduire l’électorat indépendant.

S’il venait à l’emporter ce mardi, à quoi ressemblerait une Maison-Blanche dirigée par le Républicain ? Lors d’un meeting électoral ce weekend en Floride, le candidat Romney a juré de s’attaquer aux aides de l’Etat. "Nous ne vous avons jamais promis un plus gros chèque du gouvernement et de prendre à certains pour distribuer à d’autres. Au lieu de ça, nous vous promettons de reconstruire notre économie, de limiter le rôle du gouvernement et de rétablir les principes qui ont fait des Etats-Unis la plus grande nation de l’histoire de cette Terre."

Y parviendra-t-il ? La réponse ne dépend pas de lui mais de la composition du Sénat, qui remet en jeu cette année un tiers de ses sièges. Le futur du pays, dans les deux prochaines années, dépendra de la répartition des élus à la Chambre haute.

"Si les Démocrates gardent la majorité, cela fera une grosse différence pour Mitt Romney car il devra modérer son agenda. Par contre, si les Républicains obtiennent 50 sièges, grâce à la voix supplémentaire du vice-président, ils pourront utiliser la procédure dite de réconciliation et faire tout ce qu’ils veulent", souligne Pietro Nivola, expert en gouvernance à la Brookings Institution de Washington.

Le premier chantier sur la liste du futur président sera d’éviter la fameuse "falaise fiscale" qui se dessine à l’horizon 2013. Suite à l’échec des négociations sur le plafond de la dette, des coupes drastiques auront lieu dans les budgets en même temps que les baisses d’impôts de George W. Bush arriveront à leur terme. Le risque : un ralentissement de l’économie et une nouvelle dépression à la clé. Républicains et Démocrates éviteront certainement in extremis ce scénario catastrophe.

 

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Deuxième chantier du Républicain : sa réforme fiscale. Mitt Romney a basé son programme sur des baisses d’impôts de 20 % pour toutes les tranches d’imposition et de 10 % sur les sociétés. Face à une majorité démocrate au Sénat, "Romney devra faire de sérieuses concessions", écrit David Brook, éditorialiste du "New York Times". Selon ce dernier, le Républicain pourrait accepter d’augmenter l’impôt des riches en échange d’une réforme plus générale impliquant des coupes budgétaires. Revenir sur les acquis de la loi de santé chère aux Démocrates sera un travail de plus longue haleine, qu’il devrait mener à bien dans les deux années qui viennent, et avant les prochaines élections de mi-mandat qui comme un pendule pourraient à nouveau basculer en faveur des Démocrates.

Souvent accusé d’être une girouette, quel sera le visage d’un Mitt Romney à la présidence des Etats-Unis ? Selon David Brook, sa nature et les circonstances politiques l’amèneraient à être un dirigeant de centre-droit. "Pure spéculation", rétorque Pietro Nivola. "C’est une chose d’avoir été un gouverneur du Massachussetts modéré et autre chose d’être élu président des Etats-Unis par une base très conservatrice."


Stéphanie Fontenoy

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