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06/11/2012

Obama, des promesses en l’air ?

Barack Obama, Obamacare, Gregg Svingen

Obama est plein d’idées pour relancer le pays. Mais pourra-t-il les appliquer ?


Si les Américains accordent une fois de plus leur confiance à Barack Obama, aura-t-il plus de marge de manœuvre que lors de son premier mandat ? Non. Fera-t-il plus de choses ? Cela s’annonce très difficile", estime Nicholas Dungan, chercheur à l’Atlantic Council et conseiller auprès de l’Iris, l’Institut des relations internationales et stratégiques. Les sondages vont tous dans le même sens : il est fort probable que les Républicains conservent la majorité à la Chambre des Représentants, forçant le Président au réalisme politique. Voilà pour la pratique. En théorie, Barack Obama a un programme, des idées et des priorités. De quoi serait fait son deuxième mandat, s’il disposait de coudées franches lui permettant de ne pas subir la paralysie qu’impose la cohabitation d’un président démocrate avec une Chambre républicaine ?

Barack Obama, Obamacare, Gregg Svingen

"La mise en place effective d’Obamacare est sa priorité", explique Gregg Svingen, porte-parole de Democrats Abroad Belgium. "La manière dont on traite les plus démunis dit tout sur le type de démocratie auquel on a affaire et Obama a toujours été clair sur ce sujet : la réforme du système de santé est la grande fierté de son premier mandat. La mener à terme est primordial pour lui."

Sans surprise, Gregg Svingen cite également, la relance de la croissance et la création d’emplois. "Obama se concentre avant tout sur la classe moyenne et voit dans la relance de l’industrie américaine un signal fort à envoyer à ceux pour qui la priorité numéro 1 reste leur prochaine paye. C’est aussi l’une des raisons de son intérêt pour une Amérique autosuffisante en matière énergétique : une source nouvelle d’emploi pour nos citoyens." Si certains liraient dans une réélection du Démocrate un regain de légitimité et un surplus de capital politique qu’il pourrait mettre à profit pour relancer son "stimulus package", Nicholas Dungan de l’IRIS est plus prudent : "Il n’y a aucune possibilité de redémarrer la relance directement. Ce à quoi il voudrait aboutir, création d’emplois, baisse du chômage essentiellement, ce sont des choses plus facile à promettre qu’à mettre en œuvre. On peut s’attendre par contre à ce qu’Obama s’attaque à la ‘falaise fiscale’ (NdlR : la fin annoncée, au 1er janvier 2013, de toute une série de déductions fiscales, dont les retombées toucheront essentiellement les classes moyennes ) : il va chercher à prolonger ces mesures pour ne pas tomber de la falaise et tâchera de relancer l’économie par d’autres réformes fiscales."

Quand on lui parle politique étrangère, Gregg Svingen se fait réaliste : "L’Iran, c’est un sujet important mais que l’on retrouve en page 3. La page 1 du journal, aujourd’hui, c’est l’économie et c’est sur ce domaine que voudra agir prioritairement Obama. Des choses très concrètes : création d’emplois, stabilité économique, sécurité sociale, etc." Pourtant, la politique internationale est souvent un terrain de prédilection pour des Présidents disposant d’un second mandat et désireux de laisser une trace dans l’histoire. "Il aura deux grands chantiers majeurs à y mener", estime Nicholas Dungan . "D’une part, poursuivre une diplomatie multi-partenariats, brillamment enclenchée avec Hillary Clinton. D’autre part, Obama fera en sorte de renforcer la cohésion des démocraties asiatiques autour de la Chine. Il va sans doute essayer d’imprimer sa marque dans le Pacifique en faisant en sorte d’entourer la Chine d’une espèce de zone tampon de démocraties, qui pourrait être composée des Philippines, du Japon, de la Corée. Une tentative de réunification de la Corée pourrait également être un chantier important de sa seconde présidence."

S’il veut marquer l’histoire de son empreinte, Obama devra associer ses promesses à des actes.

Caroline Grimberghs

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