Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/11/2012

Israël/Palestine: la responsabilité d'Obama ?

Israël, Palestine, Obama, Netanyahou, Mahmmoud Abbas, Jerusalem

Pour les Palestiniens, comme l’a formulé leur négociateur en chef Saèb Erekat, le Président américain réélu "risque bien d’être le dernier président de la solution à deux Etats". Ce qui confère à Barack Obama, selon M. Erekat, "une responsabilité historique dont on ne peut mesurer les conséquences". Or, Mahmoud Abbas est résolu à mettre cette responsabilité à l’épreuve encore avant la fin de ce mois. Analyse de notre correspondante à Jerusalem, Renée-Anne Gutter

LIRE AUSSI:

Obama au Moyen-Orient ? "C’est déjà le combat de trop de gens"

Obama en funambule sur le dossier israélo-palestinien

La religion d'Obama


Dans une conversation téléphonique dimanche avec le raïs palestinien, M. Obama a réitéré son opposition à la demande palestinienne d’adhésion à l’Onu comme Etat non-membre, et a insisté pour que M. Abbas l’abandonne. Sans rien lui proposer de neuf, toutefois. M. Abbas a refusé, invoquant l’impasse des négociations de paix avec Israël, la poursuite de la colonisation juive en territoire palestinien et les exactions des colons contre la population locale.

Donc, contrairement aux rumeurs qui avaient couru la semaine dernière, pas question pour M. Abbas de lancer une perche aux Américains et de différer sa démarche à l’Onu jusqu’après la réintronisation de M. Obama en janvier, dans l’espoir que sa nouvelle administration impose alors une nouvelle initiative diplomatique à Israël.

Car pour M. Abbas, il y va de la survie même de l’entité palestinienne. Au train où va la colonisation, il sera bientôt impossible d’établir un Etat palestinien aux côtés de l’Etat juif, voire même de maintenir les accords d’Oslo qui accordent une autonomie partielle à la Cisjordanie (et théoriquement à Gaza) sous la forme de l’Autorité palestinienne. Les Cisjordaniens risqueront alors de se faire englober dans un seul Etat d’Israël, qui dans le meilleur des cas sera régi par un système binational, dans le pire des cas, plus probable, par un système d’apartheid.

Aussi, le raïs est résolu à poursuivre son plan unilatéral pour hausser le statut des Palestiniens aux Nations Unies et leur octroyer un statut implicite d’Etat. D’autant plus, a confirmé son entourage lundi, qu’aucun pays opposé à cette démarche (notamment en Europe) n’a proposé d’alternative convaincante. Le texte de la demande circule donc déjà parmi les membres de l’Assemblée générale. Et M. Abbas compte la soumettre formellement à leur vote avant fin novembre, à une date qui devrait être fixée ce mardi avec la Ligue arabe.

Pour l’heure, c’est l’OLP qui siège à l’Onu au nom des Palestiniens, avec statut d’observateur. M. Abbas demande à présent que ce soit "la Palestine" qui y siège comme observateur. Ce qui fera d’elle un "Etat non-membre". Ce statut ne mettra pas encore fin à l’occupation israélienne, mais il permettra aux Palestiniens, entre autres, de porter les méfaits de cette occupation devant la Cour pénale internationale.

L’année dernière, les Palestiniens avaient demandé l’adhésion de la Palestine à l’Onu comme Etat membre à part entière. Mais ils avaient buté sur le veto des Etats-Unis au Conseil de Sécurité. Cette fois, l’adhésion avec statut "dilué" d’Etat observateur, non-membre, a toutes les chances d’être entérinée, puisqu’elle s’adresse à l’Assemblée générale, où aucun des 193 pays membres n’a de droit de veto et où les Palestiniens sont d’ores et déjà assurés d’une majorité de 115 pays du monde arabe, Afrique, Asie, Amérique latine. La demande est toutefois mal vue par Washington, qui se range à l’argument israélien selon lequel cette opération unilatérale sabordera le principe de négociation bilatérale avec Israël. Le Congrès américain et l’administration Obama ont dans le passé déjà menacé M. Abbas de sanctions financières.

Les pays de l’Union européenne sont partagés sur la question. Leurs ministres des Affaires étrangères doivent en débattre ce 19 novembre à Bruxelles. La Belgique n’a pas encore fixé sa position.

Quant au gouvernement Netanyahou, il menace carrément de couper tous les fonds à l’Autorité palestinienne et d’accélérer encore d’un cran la judaïsation de la "Judée-Samarie" (Cisjordanie) et Jérusalem.

Les commentaires sont fermés.