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07/08/2015

Débat républicain: Donald Trump, excessif, Jeb Bush, presque modéré

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Organisé par Fox News, le premier débat de la primaire républicaine avait lieu ce jeudi à Cleveland et réunissait les 10 candidats les mieux placés dans les sondages actuellement. Hillary Clinton a confié qu'elle ne regarderait pas le débat: "Ils ont tous le même agenda. Ils sont à côté de la plaque sur le pays que les Américains veulent pour eux et pour leurs enfants" a déclaré la candidate démocrate. Comment s'en sont-ils sortis ce jeudi soir?


Excessif, comique, provocateur, Donald Trump, le milliardaire américain en tête de la course des primaires républicaines, a donné le pire et le meilleur de lui-même jeudi, ses adversaires peinant à imposer le sérieux. Omniprésent, il s'est fait bien plus remarquer que ses 9 acolytes. Les spécialistes, ce vendredi matin, établissent la liste des gagnants et des perdants du débat. Donald Trump se retrouve une fois sur l'une, une fois sur l'autre. Il faudra suivre de près le candidat milliardaire pour observer si sa candidature peut garder en substance au fur et à mesure des débats.

Au centre de la scène dans l'arène de basket de Cleveland, entouré de neuf rivaux loin derrière lui dans les sondages, le magnat de l'immobilier a donné le ton en expliquant ne pas exclure de se présenter à la présidentielle de novembre 2016 en indépendant s'il perdait les primaires. Il est le seul à ne pas s'interdire cette option, qui bénéficierait à coup sûr au candidat ou à la candidate démocrate.

Mais l'homme d'affaires a fait rire, voire rire jaune, en rappelant qu'il avait autrefois "donné beaucoup d'argent à la plupart des gens sur cette scène" pour acheter leurs faveurs. Même à Hillary Clinton. Pourquoi?, lui ont demandé les journalistes de Fox News, qui organisait le débat. "Je lui ai dit de venir à mon mariage, et elle est venue à mon mariage. Elle n'avait pas le choix", a répondu avec gourmandise le sexagénaire.

Le magnat de l'immobilier a pris la tête de la course depuis son entrée fracassante en campagne en juin. Sa popularité l'a exposé aux critiques, ses concurrents l'accusant d'avoir été démocrate et d'avoir retourné sa veste au cours des années, sur des sujets chers aux conservateurs comme l'avortement, l'immigration et l'assurance-maladie, qu'il voulait autrefois nationaliser.

Avec sa nonchalance et sa moue habituelles, "The Donald" a éludé les questions les plus pointues, hésitant à voix haute à qualifier d'"incompétent" Barack Obama, et poussant l'assurance jusqu'à plaindre l'un de ses contradicteurs: "ça a l'air difficile pour vous ce soir".

- Immigration clandestine -

Le sujet brûlant de l'immigration, et du sort des 11 millions de sans-papiers vivant aux Etats-Unis, a semblé ouvrir un front entre les candidats. Jeb Bush, fils et frère des anciens présidents Bush, a proposé une régularisation progressive en échange d'une amende et d'autres conditions -anathème pour de nombreux conservateurs. "J'estime que la grande majorité des gens qui viennent ici illégalement n'ont pas d'autre option. Ils veulent aider leurs familles", a-t-il dit. Donald Trump a, pour sa part, renchérit dans un tout autre sens; "Nous avons besoin de construire un mur, et il faut le construire rapidement". Les spécialistes s'accordent à dire, ce vendredi matin, que Jeb Bush a manqué une occasion de se présenter aux yeux des Américains comme le plus présidentiable des nombreux candidats à l'investiture républicaine.

Un échange tendu sur l'ampleur des programmes de surveillance américains a également illustré le fossé qui sépare l'aile libertaire du parti républicain et les partisans du maintien en place de l'appareil de surveillance américain.

- Hillary Clinton, cible commune -

L'establishment du parti avait prédit que Donald Trump ne serait qu'un feu de paille, mais le caractère excessif de ses propos sur ses rivaux ou l'immigration ne semble qu'avoir dopé sa candidature.

Les 16 candidats et la seule candidate, Carly Fiorina, ont chacun tâché de se présenter comme les seuls capables de battre la favorite des démocrates, Hillary Clinton, dans les urnes en novembre 2016. Jeb Bush, héritier de la dynastie politique des Bush, a répété son expression, "moi c'est moi", et défendu son bilan d'ancien gouverneur de Floride. 

Hillary Clinton "représente un troisième mandat d'une présidence ratée", a insisté le sénateur Lindsey Graham lors du premier débat.

Quand le modérateur de Fox News a demandé aux candidats de décrire en quelques mots Mme Clinton, ils ont pêle-mêle répondu "indigne de confiance", "sans vision", "socialiste" ou encore "politicienne professionnelle".

L'intéressée, pendant le débat, a envoyé un message à ses supporters. "A cet instant, dix hommes républicains se disputent à la télévision pour savoir qui sera le meilleur pour ramener notre pays en arrière. Je ne regarde pas, et je n'en ai pas besoin".

Prochaine joute républicaine le 16 septembre prochain

C.Gri. avec AFP

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